La vengeance, pourquoi ?

“Il est préférable de guérir l’offense plutôt que de la venger. La vengeance prend beaucoup de temps, elle expose à bien des offenses.” (Sénèque, « De la colère »)

C’est une pulsion, viscérale, ça vient des tripes.

[Texte de lectrice]

Et ça fait mal, ça vous troue le ventre, la rage arrive brutalement et le passage à l’acte est imminent.

Pourquoi m’a-t-il fait ça ?

Je redeviens une petite fille qui pleure et qui ne trouve pas d’autre issue à sa souffrance que de faire souffrir à son tour.

Le temps n’est pas à la réflexion : j’en suis incapable.

Punir, il faut punir celui qui m’a outragée, humiliée, celui qui n’a jamais su m’aimer et qui pourtant partage toujours ma vie.

Je veux le punir de ne pas me sentir une femme aujourd’hui et depuis longtemps. Me venger des autres femmes avec qui il a pu avoir du plaisir à discuter, rire et plus.

Je me sens misérable et affreusement triste. Et pourtant, cette photo déchirée avec rage d’une femme, inconnue pour moi, ne me ramènera jamais la joie et la sérénité perdues.

La revanche et non la vengeance disent les psychologues et ils ont raison.

La solution est en moi et je dois trouver la force de me prouver que je suis quelqu’un de valable, et à partir de là, je n’éprouverai plus le besoin morbide de faire du mal. Ça a l’air facile couché sur le papier mais quand les émotions surgissent avec cette force-là…

Peut-être vaudrait-il mieux casser une pile d’assiettes, comme me suggérait ma mère voici cinquante ans ?

J’y penserai la prochaine fois…

[Texte de lectrice]